vendredi 6 septembre 2019

ONPC - On n'a pas couché!


Dans la nouvelle formule de son émission ONPC - On n'a pas couché - Laurent Ruquier prévoit d'inviter Woody Allen, Tariq Ramadan, Placido Domingo, Denis Baupin, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande. Liste à compléter.
Chaque fois des témoins(es) compétentes seront présentes pour faciliter leur confession.
Des pourparlers sont en cours avec les agents de Jose Maria Aznar, Bill Clinton et Silvio Berlusconi pour évoquer les problèmes soulevés par le bunga-bunga et les petites robes bleues Gap.
France Télévision fidèle à sa mission de service public se félicite de cette orientation intellectuelle et civique inédite des productions Ruquier-Barma prenant enfin en considération les questions du genre et de la repentance.

mercredi 4 septembre 2019

La proportionnelle et la peur du peuple.



Les systèmes électoraux à la proportionnelle (qui comportent des nuances nombreuses) semblent a priori les plus satisfaisants pour « le peuple » qui peut espérer voir sa diversité représentée – avec toutefois le risque que ses représentants soient choisis par les appareils des partis.

Même quand il y a une prime donnée au parti vainqueur, comme en Grèce et en Italie avant la réforme Rosatellum, il est rare qu’un seul parti puisse gouverner.
Soit il faut procéder à de nouvelles élections, soit les partis doivent passer des alliances et monter des coalitions.

Ici encore rien de plus raisonnable sur le papier : des démocrates intelligents doivent pouvoir négocier une plateforme commune en se concentrant sur les points d’accord et en laissant de côté les questions les plus litigieuses. Pendant plusieurs années en Espagne, même en régime majoritaire, des pactes solides ont été passés entre PSOE (socialistes) et PP (populaires de droite) pour mettre hors polémique politique des questions comme celles du terrorisme ou de l’éducation.
Les longues négociations allemandes pour aboutir à la Grande coalition actuelle (chrétiens-démocrates de la CDU/CSU et sociaux-démocrates du SPD) sont un bon exemple de « politique raisonnable » de la sorte).
La réussite de la coalition au pouvoir au Portugal (la contraption – geringonça) réunissant le Parti socialiste, le Parti communiste et les Verts en est un autre.

Le problème est que les choses ne se passent pas toujours aussi raisonnablement.

Soit les coalitions sont de pure opportunité et réunissent comme en Italie récemment des partis rivaux (Ligue du nord et M5S, mouvement Cinqe Stelle) ou violemment antagonistes (Syriza en Grèce était allié au parti des Grecs indépendants AN.EL, d’extrême droite souverainiste). 
Les négociations actuelles en Italie, pour former un nouveau gouvernement en évitant de nouvelles élections, entre le M5S et le parti démocrate (PD), ennemis jurés d’hier, sont un bel exemple de cuisine politique d’opportunité.

Soit il faut se résigner à des gouvernements minoritaires bénéficiant de soutiens momentanés en fonction de distribution d’avantages catégoriels. En Espagne, Pedro Sanchez a gouverné sans majorité de juin 2018 à avril 2019 avec l’abstention de Podemos et les soutiens au coup par coup des autonomistes basques ou catalans en fonction de ses largesses budgétaires aux autonomies.

Les antagonismes au sein des coalitions peuvent déboucher sur des gouvernements clivés (en Italie Salvini ministre de l’intérieur agissait en premier ministre et Conte avait une présence fantomatique). Pedro Sanchez en Espagne, à la recherche d’une majorité lui permettant de gouverner, négocie depuis les élections d’avril avec Podemos mais il se méfie d’Iglesias et de Podemos qui voudraient créer un gouvernement dans le gouvernement en se réservant les ministères sociaux. Il n’a pas tort quand on sait que Podemos est un parti ouvertement léniniste et qu’Iglesias est un petit Lénine à queue de cheval, qui entend bien liquider les Mencheviks-socialistes auxquels il s’allierait.
Bref, la « proportionnelle » n’est ni une panacée, ni un long fleuve tranquille.

Ce qui est encore plus intéressant, c’est la manière dont au milieu de ces embarras, les partis tentent l’impossible pour éviter le retour devant les urnes.
L’Espagne s’y achemine après trois mois de vide, mais les sondages indiquent que les électeurs n’y sont pas favorables. En Italie, les politiques font leur possible pour éviter des élections qui verraient la Ligue du nord progresser et le M5S décliner.
Curieusement, cette peur de l’électeur (qui de toute manière a tendance à reconduire son vote pour affirmer sa souveraineté) est contagieuse. On le voit en ce moment en Angleterre. Surtout ne pas redemander son avis à l’électeur ! On ne sait jamais !

En France nous sommes merveilleusement protégés contre ces errements avec notre scrutin majoritaire. Tout se joue, quinquennat fait loi, en une fois tous les cinq ans. Les élections intermédiaires comptent au mieux comme indications barométriques puisque les Régions n’ont aucun pouvoir, sinon celui de payer les TER, que ce n’est pas plus brillant pour les mairies et que des Européennes, tout le monde se fiche. Le résultat est que tout va bien, que 22% des électeurs ne sont pas représentés, que les coalitions se font lors des investitures (ce qui donne un pouvoir exorbitant aux écologistes ou prétendus tels), et que quand rien ne va, il reste juste la rue en enfilant des Gilets jaunes.

J’ai quand même le sentiment qu’il faudrait sérieusement repenser la démocratie, aussi bien du côté de l’électeur que du côté des partis... Et que comme on dit à la CGT, « ça ne va pas dans le bon sens »...

Sur le détournement du service public au service des intérêts privés. Moix et la télé-poubelle "de service public"




On sait que l’imbécile regarde le doigt et pas la lune vers laquelle ce doigt pointe.

Il en va de même dans l’affaire Moix.

Les uns excusent et croient en sa sincère repentance (qui fait partie du bréviaire de la communication spin depuis Clinton qui, oui, fumait, non n’avalait pas – pour ne rien dire de l’épisode Monica Lewinski qui, elle aussi fumait semble-t-il ). Les autres pas.
On invoque Céline, Rebatet, Je suis partout, Renaud Camus, pas trop Blanchot ni Cioran.
On écoute Bernard-Henri Lévy, Olivier Nora, et je ne sais qui encore. Certains silences sont, comme on dit, assourdissants : Finkielkraut, Onfray, Bruckner. Encore en vacances ou auteurs Grasset ?
Tout ça, c’est la vie parisienne. Pas celle d’Offenbach mais celle de la Nomenklatura des Lettres, de la presse et des éditeurs – celle des opérations de communication de la rentrée littéraire aussi .

La chose essentielle passe en revanche à la trappe.
Moix est un pur produit de la promotion médiatique France 2-Ruquier-Barma. On prend un type sans grand scrupule et à la gueule cabossée et on le paie pour jouer le méchant. Au bout de trois ans de On n’est pas couché sur France 2, chaîne de service public, l’opération est réussie : un quasi-inconnu a pris sa place dans les chaumières et les rubriques « clash » et délivre des leçons de morale à tous les vents.
Malheureusement, le singe qui grimpait à l’arbre n’avait pas le derrière propre et on apprend un beau jour (ou plutôt sort à la lumière ce que la Nomenklatura savait depuis des années) les engagements antisémites et révisionnistes du quidam. On lui fait la faveur de venir donner la comédie de sa repentance sur France 2-Ruquier-Barma, dans la même émission où il a sévi, avec des compère et commères choisi(e)s sur mesure pour que le quidam ressorte blanchi tel un Rugy avec son homard.
Au passage, on offre une formidable campagne promotionnelle à son éditeur Grasset – franchement si on chiffrait, on serait autour du million d’euros et même plus.

Macron avait dit le 4 décembre 2017, sans doute sans mesurer les risques, que l’audiovisuel public était la honte de la République. On y est.
L’audiovisuel public coûte actuellement 3,9 milliards d’euros par an contre 3,6 pour le budget du Ministère de la culture (sic et resic!). Et pour faire quoi ? Pour produire des émissions de télévision poubelle comme ONPC, mais bien d’autres, par exemple Hanouna qui a sévi pendant des années sur France 3 et France 4.
Là est le vrai scandale Moix : le détournement et l’instrumentalisation du service public pour gonfler une polémique sans intérêt et faire la promotion des pires sentiments et des pires comportements, avec les juteuses retombées commerciales afférentes. Bravo les publicitaires et bravo les moralistes !

Depuis des années, je dis et redis que la première action politique à réaliser en matière de culture est de réduire de manière draconienne la charge financière et le périmètre de l’audiovisuel public pour faire des économies tout court et aussi redonner des moyens au ministère de la culture. Quand Ruquier remplace Pivot, quelque chose ne va plus. Pour les émissions nulles, vulgaires, démagogiques et poubelles, pour les campagnes publicitaires comme celle octroyée gracieusement à Moix et son éditeur, on peut très bien les laisser au secteur privé s’il y trouve à gagner sa vie.
On peut faire ses choux gras du traitement des ordures (autrefois c’était la fortune des chiffonniers et des ferrailleurs) mais pas avec l’argent public.

dimanche 1 septembre 2019

Gueule de bois et Real Politik



Texte d'un entretien publié sur le site Atlantico, le dimanche 1er septembre 2019

Q. Le 1er septembre 1939, il y a exactement quatre-vingt ans, l'Allemagne nazie envahissait la Pologne. Deux jours plus tard, les Alliés déclaraient la guerre à l'Allemagne. Dans les conflits actuels, quelle que soit leur nature, est-il encore possible de distinguer précisément les camps ?

R. L’invasion de la Pologne suit immédiatement la signature du pacte germano-soviétique en août 1939 et réalise les plans impérialistes (« l’espace vital ») de l’Allemagne et de l’Union soviétique. Le 17 septembre, ce seront les armées soviétiques qui attaqueront la Pologne à front renversé. Rappelons que l’annexion (Anschluss) de l’Autriche a eu lieu en mars 1938, suivie de l’invasion et du démembrement de la Tchécoslovaquie.
Les lignes de partage sont claires: elles opposent les anciennes puissances victorieuses de 1918 à l’Allemagne rejointe contre toute attente par l’Union soviétique. Pour l’Allemagne il s’agit de détruire toute l’organisation mise en place en Europe par le traité de Versailles et, bien au-delà, de faire triompher le Grand Reich, l’Empire allemand.
Rappelons quand même que La Pologne n’a de toute manière jamais eu une existence garantie. Sans frontières, n’ayant d’unité que linguistique et religieuse, elle n’a cessé d’être dépecée, de ré-émerger, de disparaître pour renaître et ni l’Allemagne ni la Russie ne considèrent qu’elle a le droit d’exister – c’est probablement toujours ce que pensent Allemands et Russes aujourd’hui d’ailleurs...
Rétrospectivement les choses nous apparaissent claires car les trois puissances fascistes, Allemagne, URSS, Italie – se retrouvent dans le même camp. De même les démocraties sont solidaires dans l’autre camp – même si elles ne feront rien pour la Pologne (franchement on se demande ce qu’elles auraient pu faire!). Avec un regard plus large, on doit plutôt penser qu’on a affaire à la suite des bouleversements révolutionnaires puis napoléoniens et de la remise en ordre fragile de l’Europe après le Traité de Vienne de 1815. Cette remise en ordre a été constamment ébranlée par la crise des nationalités mais elle a tenu vaille que vaille jusqu’à la Première guerre mondiale.
A beaucoup d’égards, nous ne sommes guère plus avancés : la situation européenne a paru claire jusqu’à la chute du mur de Berlin en novembre 1989 pendant que se déroulait la Perestroïka en URSS. Au moins, il y avait « eux » et « nous ». Ensuite nous avons vécu une période d’euphorie et de fin de l’histoire (Fukuyama) où tout le monde « il était beau, tout le monde il était gentil ». L’empire du Bien, c’est-à-dire de la paix cosmopolitique perpétuelle, était advenu. Et puis, pas de chances, toutes les ambiguïtés sont réapparues et on ne sait plus trop qui est ami, qui est ennemi – et pas seulement en Europe. Macron s’en prend au Brésil, reconnaît les opposants à Maduro au Venezuela, diabolise la Hongrie, insulte les populistes italiens et subitement veut faire ami-ami avec Poutine. Si ce n’est pas de la confusion mentale, je ne sais pas ce que c’est.

Q. Ennemis intérieurs sans structure (c'est le cas du terrorisme islamique) ou boucs émissaires dont on fait usage (les grandes entreprises du numérique qui ne payent pas leur impôts) : qui sont aujourd'hui nos ennemis idéologiques ?

R. Franchement la notion d’ennemi idéologique ne me semble pas opérationnelle. C’est une manière de meubler les chroniques. En tout cas, les gens de ma génération devraient être vaccinés.
Il y a, en revanche, des ennemis tout court - l’intégrisme wahhabite sunnite, l’impérialisme politico-commercial américain (oui, je range désormais Trump parmi nos ennemis), les mafias qui alimentent les flux migratoires et gèrent les trafics de drogue et d’êtres humains.
Et puis il y a les risques et ce sont choses bien différentes. Les Gafas ne sont pas nos ennemis – en ce cas, il faudrait dire aussi qu’on les adore vue la manière dont on achète leurs produits à tour de bras - : ce sont les risques des conglomérats technologiques et les risques de la technologie. Les grandes firmes ne sont pas des ennemis mais elles font aussi courir des risques écologiques (avec notre entière complicité de vélocipédistes qui prennent l’avion). La Chine, pas plus que l’Inde ne sont des ennemis mais des risques démographiques, technologiques, écologiques.
Des ennemis, il faut se protéger. La guerre est à l’horizon du rapport et il ne faut pas se le cacher.
Pour les risques, il faut calculer, inventer des solutions, éviter les traquenard, voir plus loin.

Q. Dès lors, les notions d'amitié et d'inimité politiques et diplomatiques ont-elles encore un sens ? Quelles nouvelles formes ont pris ces concepts qui pourraient expliquer que l'on ait parfois l'impression d'être en période de guerre alors même que c'est la paix qui domine les relations internationales actuelles ?

R. Ce sentiment d’être en guerre et en paix à la fois me semble résulter d’une double désorientation.
L’une concerne le basculement technique complet que nous connaissons depuis les années 2000/2005. Les Gafas incarnent ce basculement avec ce qu’il a de positif et de négatif. Nos relations à la plupart des aspects de la vie sont complètement changées, que ce soit savoir, éducation communication, vérité, identité, sexe, reproduction, argent, culture. Excusez-moi de me citer mais j’ai essayé de faire une première approche de ces basculements en un « abécédaire » de vint-six rubriques, Narcisse et ses avatars, publié en 2014 chez Grasset. Nous n’avons, qui plus est, encore rien vu. Il faut sur ces points se documenter, réfléchir, construire de nouveaux concepts et une nouvelle vision du monde.
La seconde désorientation est plus simple : elle tient à la superbe « gueule de bois » que nous tenons depuis que les illusions des années 1990-2000 se sont dissipées. Rappelez-vous les monceaux de théories ineptes d’alors sur la démocratie universelle, le droit cosmopolitique, la justice internationale, les ONG et la société civile internationale, la paix perpétuelle sous la surveillance des Cours internationales, les sommets de gouvernance à la G7, G8, G je ne sais combien, où des politiciens rigolards et sexys s’entendaient sur l’avenir radieux de l’humanité. Et puis on est revenu à avant l’équilibre de la terreur : au monde de la Real Politik. Il y a une pluralité d’acteurs politiques et ils agissent selon leurs intérêts et selon ce qu’ils comprennent du monde - souvent pas grand-chose. Et donc il faut faire preuve d’empirisme et de réalisme. Ce n’est ni tout blanc ni tout noir (je vais me faire accuser de la pire infamie par des décoloniaux racisés, c’est sûr!). Bref, nous ne savons plus où nous en sommes parce que nos clichés sont morts et que nous sommes encore trop paresseux pour recommencer à réfléchir.

Du bon usage de l'antisémitisme et du recyclage des ordures



Je subodorais un coup publicitaire pas trop ragoûtant. Mon intuition se confirme.

La bande de Grasset, Olivier Nora et Bernard-Henri Lévy en tête, connaissait depuis longtemps les "erreurs de jeunesse" (en fait des ignominies) du jeune Moix.
J'ai tendance à penser que le répugnant personnage en question n'en est pas à ça près et on en découvrirait d'autres que je ne serais pas autrement étonné....
L'avenir nous le dira.

Nos belles âmes savaient que ces sales histoires finiraient bien par sortir - encore que l'omertà ait très bien fonctionné pendant longtemps! Car beaucoup de gens chic à Paris savaient.
Alors autant en faire un argument commercial ou comment transformer en bonne affaire une histoire qui devait finir dans les égouts.

1) D'abord on instrumente le buzz de la découverte des turpitudes du prétendu écrivain en question. Pas trop difficile car découvrir les hontes d'un donneur de leçons tout terrain émeut toujours le bon peuple.
2) Seconde étape, on met en scène la confession de l'abject personnage (lui-même se qualifie ainsi). Tous les spin docteurs répètent que les aveux publics suivis de repentance, ça ne mange pas de pain et ça paie. Il faut quand même lui trouver quelques critiques pas trop méchants. Certes il y eut le petit ratage Beigbder:  on sollicite en premier un mondain un peut trop pote avec Moix et trop visiblement "Grasset". Heureusement on trouve toujours un Giesbert pour faire le petit télégraphiste à la place.

3) Troisième temps: on chante à  l'unisson, de Nauleau à Olivennes,  l'air: "Mais oui, mais oui, il a changé". Chef des choeurs: BHL-Asurancetourix. Musique: Jean-Baptiste Botul.
4) Quatrième étape: pourquoi pas le Goncourt?
On va plaider que l'artiste n'est pas l'homme, que le talent excuse tout, que la littérature doit rester eu dessus des petitesses, que Céline, que Brasillach, que Drieu, que Renaud Camus, que, que et que. Il va figurer sur les listes de présélection du Goncourt car un juré Goncourt, juré!, ça ne se couche jamais. Ensuite on verra.
En tout cas, le livre est déjà en réimpression et les sous rentrent.

mardi 27 août 2019

De la bonne odeur du fumier littéraire - à propos de M. Moix



Il semble bien que M. Moix ait publié des ordures anti-sémites.
Des dessins - mais aussi des textes! 
Et quels textes! Dieudonné, à côté, c'est la semaine de Suzette.
Cet âne prétend qu'il ne faisait que les recopier... Aliboron un jour, Aliboron toujours.
Voilà en tout cas comment on fait un grand écrivain.
Soyons quand même objectifs, derrière tout ce fumier et son odeur, il y a l'arbitre des intellects (de gauche!) Ruquier et sa productrice Catherine Barma.
Quand on vous dit que l'argent n'a pas d'odeur, ni chez Ruquier ni chez Grasset.


samedi 24 août 2019

Politique et magie - Macron le marabouteur



On connaissait les marches blanches, quand, après un enlèvement, un meurtre d’enfant ou de joggeuse, ou un attentat, des proches des victimes et des voisins émus défilent en une manifestation silencieuse qui démontre leur impuissance pathétique mais résolue et pleine de compassion.
Il y a aussi les marches contre la faim, le cancer, les désherbants, celles pour sauver la planète ou les phoques et que sais-je encore.
Contre qui manifesterait-on ? Les assassins, auteurs de rapts et terroristes relèvent exclusivement de la justice – si jamais elle les attrape !
Donc on marche avec un fleur à la main, on passe à la télé et tout le monde rentre chez soi pour l’apéro ou le goûter.

Les réactions aux incendies en Amazonie ouvrent une nouvelle étape - la politique magique.

Il paraît que ça brûle là-bas ? Où donc ? A quelle échelle ? Personne n’en sait rien et pas mal d’images des incendies s’avèrent dater de je ne sais quand et montrer des incendies je ne sais où.
On nous assure assure aussi que ces incendies sont incontrôlables. Évidemment, il faudrait d’abord les trouver !
Il faut un coupable, un incendiaire car ça ne brûle jamais tout seul, que ce soit dans le Berry ou dans l’État d’Amazonas. Ce sera donc le Président brésilien puisqu’il est de droite. La déforestation, c’est lui. Tel le Gérard Jugnot du Quart d’heure américain, il a fait ça tout seul en moins de huit mois de présidence, tout seul avec son petit caterpillar personnel !

Et comme on ne peut rien faire ni contre lui ni contre les incendies, place à la magie !
La Bernadette Soubirous de l’écologie, la petite Thunberg qui n’a pas l’air beaucoup plus maligne que notre bergère de Lourdes, appelle à manifester devant les ambassades du Brésil. Une pétition contre les incendies recueille deux millions de signatures. Cristiano Ronaldo et Madonna qui ne semblent miraculeusement plus avoir le feu aux fesses s’échauffent pour la bonne cause sur les réseaux sociaux et le G7 va se saisir des incendies à l’initiative d’un Macron qui se prend pour Chirac (« notre maison brûle ») et perd à nouveau une bonne occasion de ne pas faire la leçon au reste du monde.

Il faudrait des pompiers, on nous sert de la magie. Il faudrait des moyens de lutte, on nous sert de la communication. Il faudrait des personnes responsables, on nous sert des people. Il faudrait agir, on discute. Macron devrait décidément distribuer des flyers de maraboutage et démaraboutage aux sorties de la station de métro Griveaux-Vilani.