lundi 18 juin 2018

Partager entre soi

"I share, therefore I am". So over time people actually narrow the stream of information they share on social media. They call it "the spiral of silence". Sherry Turkle

Islamophobie

Je reprends d'un commentaire lu en passant cette définition de l'islamophobie qui me semble pleine de bon sens: 
"The rational fear that teaching children a book that says to kill the infidel, may lead some of them to kill infidels".

samedi 16 juin 2018

Bonne nuit les petits!

Au moins on va être tranquille un certain temps.
Pendant qu'un certain nombre de gens courent après un ballon et que d'autres, beaucoup plus nombreux, commentent leurs exploits et échecs dans un mélange de Pindare, Ménès et Médine, les problèmes du monde vont disparaître.
Je sais bien que le football est le premier sport au monde, qu'il passionne des milliards d'humains mais la performance, la beauté du geste, la guerre et le sacrifice transformés en jeu ont toujours excité l'humanité. 
Il s'ajoute "juste" par rapport aux jeux grecs et aztèques les dimensions de la globalisation et de la diffusion numérique instantanée. Ce n'est pas rien mais de là à voir tous nos penseurs se transformer en doctes commentateurs sportifs, il y a un pas.

La superbe comparaison que Hobbes faisait de la vie avec une course était autrement plus juste et troublante:

"S'efforcer, c'est appéter ou désirer. Se relâcher, c'est sensualité. Regarder ceux qui sont en arrière, c'est gloire. Regarder ceux qui précèdent, c'est humilité. Perdre du terrain en regardant en arrière, c'est vaine gloire. Être retenu, c'est haine. Retourner sur ses pas, c'est repentir. Être en haleine, c'est espérance. Être excédé, c'est désespoir. Tâcher d'atteindre celui qui précède, c'est émulation. Le supplanter ou le renverser, c'est envie. Se résoudre à franchir un obstacle prévu, c'est courage. Franchir un obstacle soudain, c'est colère. Franchir avec aisance, c'est grandeur d'âme. Perdre du terrain par de petits obstacles, c'est pusillanimité. Tomber subitement, c'est disposition à pleurer. Voir tomber un autre, c'est disposition à rire. Voir surpasser quelqu'un contre notre gré, c'est pitié. Voir gagner le devant à celui que nous n'aimons pas, c'est indignation. Serrer de près quelqu'un, c'est amour. Pousser en avant celui qu'on serre, c'est charité. Se blesser par trop de précipitation, c'est honte. Être continuellement devancé, c'est malheur. Surpasser continuellement celui qui précédait, c'est félicité. Abandonner la course, c'est mourir." (De la nature humaine, 1640, chapitre IX).

jeudi 14 juin 2018

Si ça fait coincoin...

"If it walks like a duck, looks like a duck and quacks like a duck, chances are it's a duck."
Si ça marche comme un canard, a l'air d'un canard et fait coincoin, il y a des chances que ce soit un canard.
Je suis sidéré de l'incommensurable débilité de la plupart des belles âmes de gauche quand elles s'interrogent doctement et se torturent les méninges (ce qui vaut quand même mieux que d'être crucifié à Rakkah) pour savoir si Médine est un mahométan radical.

Si ça porte une barbe de mahométan fondamentaliste, se pavane avec l'insigne des mahométans de Daesh, tient des discours de haine de mahométan de Daesh et appelle au djihad des mahométans de Daesh, il y a des chances que ce soit non pas un canard ni une poule mouillée mais un mahométan radical partisan de Daesh - ou un frère musulman mahométan de Daesh.

Le jour où les gens cesseront de s'interroger sur les intentions de X ou Y pour voir ce qui est là, patent, énorme, sous leurs yeux, ça ira mieux.
Voulez-vous une autre version? Si ça aime les petites filles, poursuit les petites filles et tue une petite fille, il y a des chances que ce soit un meurtrier de petite fille.

mardi 12 juin 2018

Puisqu'il est tant question de ces grands artistes, les rappeurs...

Il est désopilant qu'on nous batte et rebatte les oreilles avec Médine, en le comparant à Baudelaire ou à Flaubert sous prétexte que certains voudraient lui interdire de "chanter" au Bataclan, dont il faut rappeler qu'il appartient en fait aujourd'hui à des fonds qataris, comme le PSG, autre monument culturel.

Il faut que le public de la poésie et le savoir sur la poésie aient quasiment disparu pour qu'on prenne pour de la poésie des déblatérations d'une grande pauvreté et même pas drôles.

En fait le rap, c'est aussi bien et aussi nul que les chansons à virtuosité verbale des années 1930 dans le genre Ouvrard ("j'ai la rate qui se dilate"), Vincent Scotto (L'amour au passé défini: "et puis vous m'eûtes tant que vous pûtes, un soir, un soir") ou Pauline Carton et André Berley (sous les Palétuviers roses: "Aimons-nous sous les palé, Prends-moi sous les létu, Aimons-nous sous l'évier!... ). 
De là à en faire des hautes productions culturelles...

La différence sensible est qu'en plus du sexe, plutôt crade chez nos Ronsard de banlieue, il s'y ajoute de la haine raciale et religieuse.
Nos grands créatifs ayant fait leur hégire du Havre ou d'Alençon à Médine, qui se déplacent dans des 38 tonnes qui rappellent tristement le carnaval sanglant de Nice, ne sont ni des Omar Kayyam ni des Kate Tempest, pas même des Eminem. 
Ce sont littérairement des rien du tout. Ils meublent le temps d'oreille et de cerveau libre, pour reprendre une formule connue, des zombies contemporains.

Tous fous à lier - sauf quelques uns, pas si fous...


Comment on refait l'Exodus, en mode démago-commercial-populiste.
Voilà donc l'Aquarius avec ses 600 et quelques "naufragés", dont un nombre respectable de mineurs déjà informés des opportunités du regroupement familial, dont ni l'Italie ni Malte ne veulent - l'Italie parce que des migrants elle en a déjà 300.000 en stock dont elle ne sait que faire et Malte parce que l'accès à l'UE là-bas se vend mais seulement à des riches oligarques de l'ex-URSS.
Et donc
1) Sanchez, nouveau premier ministre espagnol propose de les accueillir à Valence. Il faut bien montrer qu'on est généreux et socialiste et nouveau au pouvoir. Sauf qu'on se demande comment il continuera demain à faire refouler par ses Gardes civils les vagues de migrants qui entreprennent de sauter la barrière de 6m à Melilla ou Ceuta pour mettre enfin le pied en Europe...
2) Plus drôle encore, les nationalistes corses dont la xénophobie est bien connue proposent l'accueil dans les ports de...leur nation. Occasion ou jamais de montrer qu'on est in-dé-pen-dant et une nation ouverte (enfin, juste pour une escale, est-il précisé en petites lettres au dos de l'offre)!
Quant à l'Aquarius, affrété par une ONG "humanitaire" présidée par un armateur, Francis Vallat, dont la carrière n'a jusqu'ici vraiment rien eu d'humanitaire (voir le Who'sWho sur le personnage) et dont j'aimerais être sûr qu'il n'est pas le propriétaire direct ou indirect du navire en question loué à bon prix à l'ONG en question...il fait du cabotage humanitaire à la lisière des eaux libyennes: les passeurs n'on qu'à envoyer leurs canots pneumatiques-épaves surchargés et l'Aquarius est là tout prêt pour les charger et les faire débarquer dans l'UE...Au besoin on téléphone l'avis de détresse.
Bref, la crise des migrants est un formidable business:business des passeurs à 2000 dollars le passager, business des humanitaires charitables mais qui consacrent 10% de leur budget à la com et 10% à leurs campagnes de financement (j'ai lu le rapport d'activité édifiant de SOS Méditerranée), business des gouvernements montrant leur humanité (Sanchez) et business des nationalistes xénophobes montrant que, hein, c'est nous qui décidons.
Si Paris était un port méditerranéen, Hidalgo y serait allée de son couplet.
Et toutes les bonnes âmes de pleurer encore sur ce nouvel Exodus low cost...

Je mesure ce que mes remarques vont me valoir d'insultes mais il faut savoir être lucide et précis.
Bref, la crise des migrants n'est pas près de se terminer. Que dis-je? Elle va prendre une superbe ampleur.

dimanche 10 juin 2018

Broyer la main ou re-concevoir les situations?

Soyons sérieux: ce n'est pas en broyant la paluche de Trump qu'on arrivera à quelque chose. 
Un entretien avec Edouard Husson publié sur le site Atlantico donne beaucoup à penser.
Oui, l'Occident en tant qu'Otan est fini. 

Trump mène la guerre économique et n'a rien à fiche de l'Europe. Même son attitude vis-à-vis de l'iran est dictée par la guerre économique contre l'Europe.

Il faut aussi cesser de croire que la Russie est l'URSS du passé et que Poutine est Staline.
Tout est à repenser en un nouveau paradigme.

On a multiplié les erreurs en Afghanistan, Irak, Syrie, Libye. 

Maintenant nos politiciens ne comprennent pas que l'Occident de la seconde guerre mondiale et de la guerre froide est mort.