mardi 17 novembre 2015

"La communication, c'est la continuation de la politique sans autres moyens"

On connaît, je suppose, la phrase de Clausewitz: "la guerre, c'est la continuation de la politique par d'autres moyens".
Sous la présidence de François Hollande, la communication remplace la guerre - ou plutôt la communication belliqueuse devient l'arme d'une politique sans moyens.
Bouleversés  comme nous le sommes par le massacre de 130 personnes et la mutilation définitive d'une bonne centaine d'autres, nous sommes prêts à tomber dans le piège d'une communication solennelle - mais il y a des limites à notre naïveté
Le discours de Hollande à Versailles devant les deux chambres réunies témoigne en effet une fois de plus de son opportunisme doublé d'un machiavélisme de café du coin.
Je résume:
1) Le président martèle que nous sommes en guerre, en guerre, en guerre - pas contre un Etat mais contre une armée terroriste qui en a...toutes les caractéristiques. Comment ne pas penser à un autre leader socialiste, même tendance SFIO molle, engageant la répression en Algérie et envoyant les troupes française prendre le canal de Suez? Son nom?  Guy Mollet. Hollande avec son obsession anti-Assad en Syrie puis son engagement anti-Daesh est en grande partie à l'origine de la guerre qu'il dénonce puis fait monter en puissance.
2) Il nous dit que ce n'est pas une guerre des civilisations mais contre la barbarie - sans dire un mot de l'islam. Pure rhétorique pour ménager la chèvre et le chou.
3) Il s'engage maintenant à augmenter considérablement les effectifs de police et d'armée - alors qu'il n'a cessé de les diminuer au point de les rendre exsangues depuis trois ans. Pour être honnête, la saignée commença avec Sarkozy puisque aucun de nos hommes politiques n'est capable d'engager une réforme sérieuse de l'Etat et que tous préfèrent procéder à coups de rabots aveugles. Autre question: ces nouveaux effectifs seront opérationnels quand? Aux calendes grecques.
4) Il nous parle de rigueur, de perquisitions, de saisies d'armes  - mais qu'a-t-il fait jusqu'ici? Le massacre de Charlie Hebdo, c'était il y a dix mois! On ne pouvait rien faire avant le 13 novembre? Chaque deux jours à Marseille ou ailleurs les Kalachs parlaient (si l'on peut dire) mais ce n'était pas grave - c'était juste des règlements de compte...
5) Les budgets vont exploser? Aucune importance, les critères de Maastricht seront rebaptisés critères du Bataclan. Finie la rigueur, fini le contrôle des finances. Gageons que ça permettra en année de campagne électorale de multiplier les promesses et les primes - et le terrorisme aura bon dos.
6) Et, cerise sur le gâteau, Hollande invente un projet de réforme constitutionnelle pour concilier sécurité et liberté. Elégante manière de semer la zizanie dans l'opposition - tout en ménageant un PS qui n'a toujours pas compris que la situation est d'exception. Si l'opposition refuse la réforme, elle fera le jeu du terrorisme.
On est confondu par cette alliance de l'impéritie politique et de l'opportunisme tactique.
Hollande croit-il que les électeurs sont bêtes au point de gober de tels messages?
Je lui prédis une sortie aussi glorieuse que celle de Giscard - sous les sifflets.

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