mardi 17 novembre 2015

Réflexions après le désastre

Une fois de plus, on constate que Hollande sait se conduire en chef dans les coups durs et même faire preuve de capacités de décision...
Sa cote va donc remonter - un peu. Si le bilan n'était aussi atroce et l'humour aussi déplacé, on lui souhaiterait encore bien des attentats
Il y a peu de chances quand même que cela inverse le sens du vote les 6 et 13 décembre, à la différence de ce qui fut le cas en 2005 en Espagne quand les terroristes d'Al Qaida offrirent les élections sur un plateau au PSOE et à Zapatero - mais cela atténuera probablement la raclée et prolongera la confusion.
Il faut cependant que l'analyse politique reprenne ses droits sur l'émotion.
Dans deux directions.
D'abord, cet immense besoin d'union et de solidarité que l'on constate depuis les massacres du 13 novembre et qui se traduit, même maladroitement, par la manière dont tous ou presque veulent se peindre aux couleurs de la France, vient sur le fond d'une situation de terrible désunion.
La responsabilité de cette désunion incombe pour l'essentiel à Hollande et aux gouvernements socialistes qui n'ont cessé de diviser le pays: lois dites de société, matraquage fiscal, stigmatisation de catégories sociales - les "riches" -, démagogie éducative, et j'en passe.. Si bien que la demande d'unité tourne à vide, patine, n'embraie pas sur une unité effective qui serait celle d'un pays placé sous le signe de la justice et pas des combinaisons d'un calculateur comme Hollande.
Deuxième chose et pas des moindres: c'est bien joli de gérer les catastrophes mais la politique internationale de la France est elle-même une catastrophe.
Hollande, tel un pitoyable Guy Mollet, adore aller faire la guerre, si possible en le clamant sur tous les toits.
Sarkozy avait contribué à dégommer Kadhafi. Hollande aurait bien voulu se faire Assad. Même ses expéditions en Afrique subsaharienne sont on ne peut plus discutables: faut-il vraiment aller combattre l'islam au Mali ou en Centrafrique? Pour y installer une fois de plus la Françafrique et Bolloré?
Depuis Sarkozy la politique internationale de la France est une comédie BHLo-kouchnerienne, où l'on multiplie les rodomontades sans considération ni de nos capacités militaires ni de nos intérêts véritables - et en plus on bombe le torse en se disant "en guerre" et en se prenant pour un Poutine des grands jours. Il y a là quelque chose comme une politique de la canonnière du bon vieux temps des colonies - et là on retrouve notre Guy Hollande déguisé en François Mollet
Or les prétendus "fous de dieu" au kalachnikov sont peut-être des tarés de la pire espèce au niveau des exécutants mais leurs commanditaires, eux, sont clairvoyants et font de la politique réaliste. Pour trois frappes en Syrie ils nous imposent des pertes effroyables - et encore en ratant à moitié leur coup. En entendant Valls faire le Miles gloriosus et en voyant Hollande se prendre pour un général, je me dis qu'on est dans Offenbach - mais sur un lit de cadavres.
PS: une précision d'importance: si je suis on ne peut plus réservé sur le combat contre les islamistes sur les terrains d'opérations extérieurs où nous n'avons que faire, je pense au contraire que des politiciens sérieux et courageux doivent les combattre sur place - et sans faire dans la dentelle. Le paradoxe de Hollande, des socialistes - et pour faire bon poids de ce petit agressif de Sarkozy - est qu'on fait la guerre à Daesh en avion mais que sur place on pratique la langue de bois de la bienveillance en dénonçant amalgames, islamophobie et stigmatisations. Or, que je sache, les Etats (y compris Daesh qui n'est pas loin d'être un Etat) se soucient à l'évidence de leurs intérêts mais beaucoup moins de ceux de leurs sympathisants quand ils sont dans d'autres pays.
Arrêtons de partir en croisades et faisons le ménage chez nous.

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