mercredi 18 novembre 2015

Sur le droit des peuples à s'exterminer eux-mêmes


Je viens de retrouver un texte de moi daté du 8 septembre 2013, paru dans Marianne.
Il est parfaitement d'actualité et même un peu plus - mais maintenant c'est Daesh que notre Président a dans le nez en faisant le Miles Gloriosus - titre d'une pièce de Plaute au IIIème siècle avant JC qu'on traduit en général par Le soldat fanfaron.

"Je ne comprends pas du tout l'obstination de Hollande et d'Obama à vouloir attaquer la Syrie.
Pour punir Assad de s'en prendre à une partie de son peuple avec des armes chimiques ? D'abord il faudrait en être sûr. Ensuite pourquoi faire une montagne de ce mode de massacre alors que les bons vieux moyens de tuerie ne sont pas moins scandaleux et que les drone, si propres pour ceux qui les déclenchent, ne valent pas mieux. On m'insultera mais tant pis ! Je veux juste rappeler qu'il n'y a pas de bons moyens de tuer.
Pour peser sur le règlement de la question du Moyen-Orient ? Mais au moment où l’Égypte est dans le chaos, le Liban sous la coupe du Hezbollah, Israël en période d'expansion coloniale et l'Iran on ne sait trop où, il n'est pas évident que la situation soit propice à une redistribution majeure des cartes.
Pour promouvoir la démocratie ? Je veux bien mais quand une bonne centaine de djihadistes français combattent le régime d'Assad dans ce qui est leur " guerre d'Espagne ", je n'ai pas une confiance aveugle dans la future démocratie.
Pour faire respecter les droits de l'homme ? Mais il n'y a toujours pas d'ordre international et les vaticinations de BHL-Calchas (Calchas est le devin de la guerre de Troie...) ne font pas un droit.
Alors pourquoi ?
Peut-être nos chefs savent-ils quelque chose que nous ne savons pas et que visiblement ne savent pas non plus la plupart de leurs collègues à la tête des États ? Mais alors qu'on n'aille pas nous parler de punition ni de droits de l'homme.
Tant pis si je choque, mais je voudrais ici défendre un droit qui a scandé l'histoire : le droit des peuples à s’entre tuer eux-mêmes. Je ne suis pas certain que les Irakiens ni les Afghans ni les Libyens aient beaucoup gagné à être libérés pour la démocratie."

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire