mercredi 9 décembre 2015

Interview de Faouzia Zouari dans La presse de Tunisie du 8 décembre 2015

Essentiel!


C'est un regard sans complaisance que la journaliste et romancière, volontairement exilée, Faouzia Zouari pose sur sa Tunisie natale et sur la France, son pays d'accueil. Elle évoque les ratages dans les deux pays, tout autant que ses propres combats, parfois ses désillusions. Un propos tout en nuance empreint de doute et d'interrogations. Elle aurait aimé parler de ses livres, son domaine de prédilection. La Presse a préféré lui donner le temps et l'espace pour apporter sa contribution à l'actualité, bien qu'elle se l'interdise. A ceux qui se poseraient la question : évidemment, Faouzia Zouari est la sœur d'Abderrahim Zouari, figure de l'ancien régime. Et évidemment, « elle, c'est elle et lui c'est lui».

- Quel regard portez-vous sur la Tunisie aujourd'hui ?
- Je me garderais de porter un regard politique. Même si je le voulais, je ne serais pas bonne analyste en la matière. Et puis, il y a tellement de gens qui se sont mis à analyser en Tunisie ! Je suis effarée par le nombre de plateaux et de débats « analytiques ». Le journalisme s'en ressent d'ailleurs, parce qu'on y mélange l'info, l'approche subjective, le fait divers, le vrai et le faux scoop. De fait, c'est par le regard de l'écrivain et de la Tunisienne, de l'enfant du Kef régulièrement de passage sur ses terres que je peux avoir un regard sur les événements. Ce que je constate alors c'est un acquis certain de la liberté de parole. Et, en tant que femme, une dichotomie étrange entre, d'un côté, des femmes de plus en plus voilées et, de l'autre, des femmes qui sont dans une forme de liberté totale et excessive.
- Que veut dire liberté excessive pour les femmes ?
- Attention, je ne suis pas dans la morale. Par liberté excessive, j'entends une liberté qui n'est pas réfléchie et revendiquée. C'est une liberté pour la liberté. Auparavant, nous avions des militantes engagées qui savaient porter un combat jusqu'au bout. Aujourd'hui, j'ai l'impression de rencontrer des jeunes filles qui assument leur liberté totale mais sans un vrai discours ni un combat bien cerné. Elles sont davantage intéressées par le confort de leur vie que par la cause féminine et ne craignent pas de tomber dans l'éternel féminin. Par rapport à ma génération, c'est une forme de démission.
- Vous défendez les droits et libertés des femmes depuis toujours. Vous comprenez qu'il y ait des indignés, des recalés de la vie qui ont des revendications dans d'autres registres, comme le droit à une vie digne, plus de libertés, un partage des richesses plus équitable ?
- La Tunisie était arrivée à un point où l'absence de démocratie réelle et de liberté d'expression, la mainmise sur les richesses du pays étaient telles qu'il fallait s'attendre à un soulèvement. Celui-ci était supposé rendre au Tunisien une dignité, une vraie démocratie et le rattacher définitivement au convoi de la modernité. La Révolution du 14 janvier a-t-elle atteint ses objectifs ? J'ai l'impression qu'il y a eu tromperie sur la marchandise. Où es la dignité quand vous avez affaire aux mêmes clivages sociaux, à la même galère pour vivre, travailler, obtenir un papier, rattraper des prix qui ont flambé ? Où est l'égalité devant l'accumulation de nouvelles richesses et de nouveaux réseaux financiers qui ont remplacé les anciens avec, cette fois-ci, l'excuse du slogan politique, du passé en prison, de la tache sur le front ou d'un populisme qui n'empêche pas ses porte-parole de vivre comme des nantis ? Où est l'équilibre régional quand on sait que le Nord-Ouest, par exemple, reste hors circuit et ne recueille même pas l'attention du pouvoir n'étant pas auréolé de la pratique révolutionnaire et ne constituant pas un terrain de fronde ? Où est la sécurité, quand nous sommes en proie à la bête immonde du terrorisme ? Où est la modernité devant le recul des mentalités et l'islamisation des esprits qui ont grippé l'émancipation féminine, menacent la culture et la pensée libre. Si on me dit que la majorité des Tunisiens acceptent cet état des choses, je m'incline devant la Révolution. Sinon, je dis qu'on ne peut plus intimider ces mêmes Tunisiens avec les mots révolution, égalité, droits de l'homme, etc. et les faire taire sur les errements de gouvernants qui ne sont pas à la hauteur de leurs rêves et qui se sont avérés aussi assoiffés de pouvoir que les anciens. Que doit-on faire maintenant ? C'est aux Tunisiens de voir.
- Vous en faites partie, vous vous présentez toujours en tant que Tunisienne.
- Oui, mais ce sont les Tunisiens de Tunisie qui ont fait la révolution. Les Tunisiens de l'étranger ont essayé d'être un porte- drapeau pour la Tunisie à l'extérieur, pour pouvoir défendre le pays, pour lui donner une bonne image. Mais ceux qui sont descendus dans la rue et qui ont fait la révolution, ce sont les jeunes, les femmes de la Tunisie sur place. Même les militants politiques qui séjournaient à Londres ou à Paris sont venus après coup, et bénéficiaient auparavant de leurs officines, leur argent et de structures étrangères qui les prenaient en charge. Ce sont les Tunisiens qui n'ont pas quitté la Tunisie et pour lesquels j'ai toute l'admiration et le respect qui ont fait la révolution.
- Le réservoir de sympathisants du parti Ennahdha est évalué à peu près à un million. Des Tunisiens ont trouvé en ce mouvement une reconnaissance sociale, une identité politique. Comment faire pour les intégrer dans cette identité tunisienne, avec les orientations politiques et les idéologies qu'ils défendent ?
- La Tunisie a toujours été un pays musulman, je ne vois pas en quoi les militants d'Ennahdha seraient plus musulmans que le reste des Tunisiens. Ni pourquoi ils nous donneraient des leçons d'identité. Est-ce qu'ils connaîtraient la civilisation musulmane mieux que nous ? Non. Mais ils veulent faire de la politique. Et c'est là où ça se gâte. A partir du moment où il y a une idéologie qui se réclame de la religion, personnellement, je ne suis pas d'accord. Je suis pour une foi qui se pratique dans le privé, qui soit un rapport à Dieu et un code de morale personnelle et non un arsenal de lois obligatoires. A partir du moment où on prend l'islam comme base de législation pour gérer la cité, nous sommes dans le conflit. L'idéologie islamiste nous vend le modèle du wahhabisme qui est en train de fissurer la Tunisie et de porter atteinte au sentiment et au concept de patrie. Le discours d'Ennahdha, en l'occurrence, est un double discours et un exercice d'imposture permanent : imposture idéologique qui consiste à revendiquer la démocratie et la liberté sans y croire. A reconnaître la République en lorgnant du côté d'une forme de gouvernance islamique. Imposture philosophique qui consiste à ériger le référent religieux comme seul légitime, et à faire surfer les peuples sur l'idée que seul l'islam possède la Vérité. Imposture culturelle et civilisationnelle qui veut nous imposer l'idée que l'identité arabe serait notre seule identité de Tunisiens. Imposture historique et géographique qui nie la notion de patrie et de souveraineté nationale pour vanter la « Oumma » et le califat rêvé.... Imposture morale, enfin, faisant croire que la moralisation de la vie publique passe par la mise sous tutelle des femmes. L'islamisme au bout d'un processus révolutionnaire est une hérésie et c'est ce que les tenants de la solution religieuse tentent d'occulter.
- Vous êtes installée en France, vous êtes écrivaine, journaliste, la Tunisie vit en ce moment des jours difficiles, peut-être joue-t-elle son destin. Faites-vous du lobbying pour le pays, la communauté tunisienne est-elle active, faites-vous des rencontres avec des hommes et des femmes politiques français qui peuvent faire pression en faveur de la Tunisie ?
- Je ne suis pas une femme de réseaux et je n'ai jamais été payée pour faire du lobbying pour la Tunisie. Ce que j'essaye de faire comme beaucoup de Tunisiens de l'étranger, c'est d'avoir un parcours exemplaire et digne des nôtres. Et de rappeler sur les tribunes l'histoire de ce petit pays qui a tout d'un grand, de Didon à Bourguiba. D'insister sur la caractéristique d'une terre où le miracle arrive sans que l'on sache comment ! C'est un pays de bénédiction absolue. Regardez, la révolution. Elle a démarré à cause d'un incident, le feu a pris partout. Nous faisons du particulier et cela devient universel. C'est le génie de la Tunisie. Pour revenir à la présence tunisienne à l'étranger, si on trouve les Algériens et les Marocains dans la représentativité de l'Islam ou la vie associative, les Tunisiens sont moins visibles, mais ils sont dans le journalisme, dans les grands groupes de télévision ou dans les couloirs de l'Élysée. Ce sont des conseillers, des producteurs d'idées et de pensées. Quelques-uns ont essayé du temps de Ben Ali de défendre la Tunisie. Mais la communication nous a toujours fait défaut, alors même que le produit tunisien est excellent. Pour les postes internationaux, tous les pays sont derrière leurs candidats sauf la Tunisie. L'Institut du monde arabe nous passe sous le nez, l'Isesco ou l'Unesco où la Tunisie n'a pas de représentant officiel. Ce n'est pas par manque de compétences. Mais nous ne savons pas vendre les talents tunisiens. Nous restons orphelins d'État. Hier comme aujourd'hui, les responsables politiques sont tellement occupés par leurs querelles intestines qu'ils ne songent pas un instant que la Tunisie, pour exister, doit exister à l'étranger. Il faut donc reconnaître que nous sommes restés petits quant à nos ambitions à l'international.
- Pensez-vous que la communauté musulmane de France soit réellement mal intégrée ? Est-ce à cause de leur mal-être que les jeunes des banlieues prennent leur revanche en se radicalisant ?
- Il y a un vrai danger islamiste en France. Les petits écoliers musulmans qui ne serrent pas la main de leur camarade chrétien sous prétexte qu'il est impur, les quartiers où les filles ne peuvent plus porter des jupes, l'empire des frères, tout cela n'est pas une légende. L'explication du phénomène jihadiste en France par le fait que les Français seraient racistes, par le passé colonial, le chômage ou la pauvreté, je n'y crois pas vraiment. Il y a beaucoup de convertis et de nantis dans le lot des candidats au jihad. Je pense qu'il s'agit plutôt d'un dépit existentiel que ces jeunes sont en train de formuler, d'un désir de pouvoir dont ils s'estiment privés, que ce soit en France ou en Tunisie, d'ailleurs. Il s'agit aussi de jeunes avides d'une puissance matérielle et sexuelle qui n'est pas à leur portée. Admettons que la France soit raciste avec le jeune musulman, qu'un Mohamed ait moins de chance de trouver du travail. N'y a-t-il pas d'autres réponses à cela que d'exhiber le voile et la barbe pour dire « je vous emmerde vous les Français. C'est la religion qui me définit et je suis musulman avant d'être Français ». Est-ce que c'est la solution ? Est ce qu'il n'y a pas d'autres alternatives sociales, des partis politiques à intégrer, un chemin à parcourir pour grimper les échelons et décrocher sa place et pour avoir son mot à dire ?
- Comment intégrer des partis alors que la formation de base n'y est pas, et qu'il y a un problème endémique d'abandon scolaire ?
- L'abandon scolaire touche toutes les couches de la société. Les Français de souche souffrent aussi de la pauvreté. Pourquoi ne se réfugient-ils pas dans la religion ? Pourquoi ne choisissent-ils pas le radicalisme ? Pourquoi est-ce que la solution de l'homme originaire du monde arabo-musulman est forcément religieuse ? Et pourquoi ce sentiment de mépris, voire de haine, presque inné envers le non-musulman. Or, c'est chez le non-musulman que nous vivons. L'intégration a ses ratés en France, mais nous ne sommes pas indemnes de tout soupçon. Personnellement, je pense que le temps est venu pour les musulmans que nous sommes d'abandonner le statut de victime et de devenir sujet de notre propre destin. Il est temps pour nous d'admettre que nous pouvons avoir tort. Nous vacciner au doute est la meilleure chose qui puisse nous arriver.
- Dans une émission récemment transmise sur une chaîne française, une maman qui regrette la conversion de son fils à l'islam, ensuite sa radicalisation, a dit ceci « s'il y a une chose que je peux reconnaître à cette religion, c'est qu'elle a apaisé mon fils dans son adolescence agitée, elle a fait ce que moi je n'ai pas réussi à faire » ? Tous ces jeunes sont peut-être à la recherche de ce cadre apaisant ?
- L'on viendrait à l'islam parce qu'il apaise, parce qu'il trouve une solution à nos crises d'adolescence et nos troubles psychologiques, parce qu'il nous empêche de nous suicider ?
Franchement, je trouve que c'est faire peu de cas de l'islam. L'islam n'est pas une solution médicamenteuse ou le moyen d'oublier le vide ou le désespoir de sa vie. L'islam mérite d'être choisi pour lui-même et en parfaite connaissance de cause.
- « Je ne suis pas Dima's »(1), c'est le titre de votre dernier ouvrage. Que reprochez-vous à Diam's, la chanteuse de Rap convertie, d'avoir parlé au nom des musulmanes en général, des musulmanes de France, sa conversion à l'Islam, ou son voile ?
- Diam's n'a pas à parler au nom des musulmanes. Moi non plus, d'ailleurs. Dans le cas de l'ex-chanteuse, il s'agit d'une figure publique et son voile peut être une forme de prosélytisme, qu'elle le veuille ou non. Il s'agit aussi d'une attitude qui n'émane pas d'une réelle connaissance de l'islam et de la culture musulmane, fait fi, en plus, du combat des femmes pour s'émanciper du voile. Je lui rappelle les luttes des musulmanes dont celle de Houda Charaoui qui, en 1919, a « commis » ce geste symbolique de jeter son foulard dans la mer. Je lui rappelle le malheur des Saoudiennes et des Iraniennes obligées de se voiler. Je lui dis, tout simplement, qu'elle va à contre-courant de notre histoire et empêche notre volonté de réformer l'islam.
- Vous vous présentez toujours en tant qu'Arabe et musulmane, pourquoi cette insistance ? C'est un besoin de dire qu'on peut être Arabe, musulmane et laïque, par exemple ?
- J'aurais voulu ne pas me définir du tout. Un romancier est un être libre par définition. Mais n'oubliez pas que je suis dans une société qui oblige l'étranger à se définir. Je suis dans un contexte prompt à vous mettre dans une case. Alors, je me définis non pas pour rentrer définitivement dans un carcan, mais pour dire aussi ma possibilité de me redéfinir à partir de ce que je suis. Vous voulez que je sois Arabe et musulmane ? D'accord. Mais je suis aussi laïque, aussi moderne, aussi universelle que vous tout en étant d'origine arabo-musulmane. C'est à la fois une revendication de mes racines et une ouverture sur le monde, les deux vont ensemble.
- Fatma Mernissi(2) disait « Seules les musulmanes persécutées intéressent l'Occident », d'après vous c'est vrai ?
- Je connaissais très bien Fatima Mernissi et je rends hommage à sa personnalité et à son œuvre. Mais sur ce point, je crois qu'elle est restée sur le postulat selon lequel l'Occident n'aime les femmes arabes que parce qu'elles sont battues et humiliées. Je pense qu'il faut nuancer le propos. Il n'y a plus aujourd'hui « une » femme musulmane et, parmi les musulmanes, il y a celles qui créent, qui écrivent, qui gouvernent et même qui se font kamikazes !
- Sont-elles reconnues par l'Occident en tant que telles ? La perception de la femme arabe musulmane a-t-elle changé en fonction de ces femmes-là ?
- Certes, il y a un fonds de commerce persistant qui consiste à vendre du « malheur d'être musulman » chez les éditeurs, les orientalisants et certains médias. Vendre de la musulmane qui pleure, ça rapporte. Nous arrosons de nos larmes le feu du temple occidental. Mais généraliser cela à tous les Occidentaux serait une erreur. Je crois qu'il faut sortir de ce schéma qui nous ramène toujours dans la position de la victime et dans la théorie du complot. Et c'est à nous-mêmes de redéfinir notre image. Nous en sommes capables.
- Comment avez-vous vécu les attentats du 13 novembre, vous êtes-vous sentie responsable
- Depuis quelques années, chaque fois qu'il y a un attentat en Europe, notre première réaction en tant que musulmans est de dire : pourvu que le responsable ne soit pas l'un des nôtres. Quelque part, en tant que musulman, on se sent responsable. Je sais que je n'y suis pour rien, bien sûr. S'il y a un esprit pacifiste, laïque, moderniste, c'est bien le mien. Et pourtant, je marchais dans la rue au lendemain des attentats en évitant le regard des Français de souche. L'amalgame est là et c'est normal qu'il soit là. Nous ne pouvons pas continuer de dire ce n'est pas nous, ce n'est pas l'islam, personne ne nous croit. C'est comme si on disait que l'inquisition ou les croisades n'avaient rien à voir avec le Christianisme. Encore une fois, cette façon de botter en touche est irresponsable. Moi je dis aux musulmans de France, posez-vous la question : et si nos comportements, nos jérémiades, notre manque d'intérêt et de curiosité pour l'histoire de France, notre façon sexiste d'éduquer nos enfants n'étaient pas pour quelque chose dans la naissance de cette frange de jeunes haineux de la France ? Au lieu de quoi, nous répétons sans cesse que l'islamisme est inexistant.
- Non, les islamistes, c'est nous aussi. Parce que nous avons laissé faire, parce que nous avons laissé la République négocier avec les imams, non avec les laïques. Il ne faut plus le cacher, la France a un problème avec ses musulmans et avec la pratique des musulmans, personne ne le dit et seul le Front national en sortira gagnant. De mon point de vue, être intégré, c'est respecter le modèle d'une société, respecter son histoire passée et fonder avec elle son histoire à venir. Vous savez, les juifs ne sont pas moins religieux que nous. Mais ils professent ceci : « La loi du pays est notre loi ». Ils sont religieux et pratiquants, mais on ne le voit pas, parce qu'ils ont une façon de négocier leur présence dans la cité qui reste intelligente et discrète. Ils sortent, ils sont Français comme tout le monde, ils rentrent chez eux, ils redeviennent juifs. Nous, nos jeunes doivent montrer à tout le monde qu'ils sont musulmans. La culture des « Antariat »(3) ! Autrement dit, la démonstration des muscles.
- Avez-vous le mal du pays parfois ?
- Je fais partie des exilés volontaires, comme des milliers d'autres étudiants partis dans les années quatre-vingts pour étudier. Il ne faut pas chercher là l'aura ou la légende d'un exil héroïque, malheureux ou fondateur. Je suis à deux heures d'avion de chez moi. Et l'éloignement dans l'espace est tout à fait soignable. Il me suffit d'agencer ma maison à la tunisienne, et c'est comme si j'étais sous le toit natal ! Le vrai exil, c'est lorsqu'on s'exile du temps des siens. Par exemple, le fait de n'avoir pas été présente suffisamment pendant la Révolution, alors même que se jouait le destin de mon pays était, il me semble, l'épreuve la plus douloureuse de l'absence.


(1) « Je ne suis pas Diam's », Fawzia Zouari, Editions Stock 2015

(2) Fatma Mernissi, sociologue romancière et féministe marocaine, décédée le 30 novembre 2015 (3) « Antariat » en référence à Antar Ibn Chaddad, poète arabe préislamique célèbre par son courage  

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