mardi 12 juin 2018

Puisqu'il est tant question de ces grands artistes, les rappeurs...

Il est désopilant qu'on nous batte et rebatte les oreilles avec Médine, en le comparant à Baudelaire ou à Flaubert sous prétexte que certains voudraient lui interdire de "chanter" au Bataclan, dont il faut rappeler qu'il appartient en fait aujourd'hui à des fonds qataris, comme le PSG, autre monument culturel.

Il faut que le public de la poésie et le savoir sur la poésie aient quasiment disparu pour qu'on prenne pour de la poésie des déblatérations d'une grande pauvreté et même pas drôles.

En fait le rap, c'est aussi bien et aussi nul que les chansons à virtuosité verbale des années 1930 dans le genre Ouvrard ("j'ai la rate qui se dilate"), Vincent Scotto (L'amour au passé défini: "et puis vous m'eûtes tant que vous pûtes, un soir, un soir") ou Pauline Carton et André Berley (sous les Palétuviers roses: "Aimons-nous sous les palé, Prends-moi sous les létu, Aimons-nous sous l'évier!... ). 
De là à en faire des hautes productions culturelles...

La différence sensible est qu'en plus du sexe, plutôt crade chez nos Ronsard de banlieue, il s'y ajoute de la haine raciale et religieuse.
Nos grands créatifs ayant fait leur hégire du Havre ou d'Alençon à Médine, qui se déplacent dans des 38 tonnes qui rappellent tristement le carnaval sanglant de Nice, ne sont ni des Omar Kayyam ni des Kate Tempest, pas même des Eminem. 
Ce sont littérairement des rien du tout. Ils meublent le temps d'oreille et de cerveau libre, pour reprendre une formule connue, des zombies contemporains.

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